Le président de la République, Son Excellence Ismail Omar Guelleh, président en exercice de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), a pris part à une réunion du Comité du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine sur la mise en œuvre de l’Accord de paix revitalisé au Soudan du Sud.
La réunion a été organisée sous l’égide du Comité ad hoc de haut niveau de l’Union africaine pour le Soudan du Sud, dit « Comité des Cinq » (C5). Ce mécanisme, qui réunit un représentant de chacune des grandes régions du continent (l’Algérie, le Tchad, le Nigeria, le Rwanda et l’Afrique du Sud), est présidé par le chef de l’État sud-africain, Cyril Ramaphosa.
Agissant en qualité de garant de l’Accord revitalisé sur la résolution du conflit au Soudan du Sud (R-ARCSS) signé en 2018, le C5 a tenu à Addis-Abeba une session élargie au format « C5+ », associant les pays de l’IGAD ainsi que les Nations unies. Ont notamment pris part à cette réunion de haut niveau Son Excellence Hassan Sheikh Mohamoud, président de la République fédérale de Somalie, Son Excellence William Ruto, président de la République du Kenya, Son Excellence Salva Kiir Mayardit, président de la République du Soudan du Sud, et M. Sifi Ghrieb, Premier ministre de la République algérienne démocratique et populaire, aux côtés de ministres et de hauts responsables africains et internationaux. La rencontre visait à évaluer l’état d’avancement du processus de transition politique sud-soudanais et à renforcer la coordination des efforts en faveur de la paix.
Dans son intervention, le président Guelleh s’est exprimé en sa qualité de président de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’IGAD, soulignant la préoccupation partagée des États membres face à la situation au Soudan du Sud et leur engagement constant en faveur de la stabilité de ce pays et de la région.
Il a salué l’initiative du Comité des Cinq et remercié la République d’Afrique du Sud pour la convocation de ce sommet « opportun », mettant en avant la coordination étroite entre l’Union africaine et l’IGAD dans la préparation de cette rencontre de haut niveau.
Le chef de l’État a rappelé que les efforts conjoints de l’IGAD, de l’Union africaine et des partenaires internationaux avaient permis de mettre fin à un conflit dévastateur, aboutissant à la signature de l’Accord revitalisé sur la résolution du conflit en République du Soudan du Sud (R-ARCSS). Il a noté que cet accord a favorisé le plus long cessez-le-feu depuis l’indépendance du pays et contribué à une stabilité relative ainsi qu’à une reprise progressive des activités économiques.
Toutefois, il a averti que les développements récents mettent en évidence la fragilité des acquis obtenus. Les retombées humanitaires du conflit en cours au Soudan voisin exercent une pression supplémentaire sur les capacités déjà limitées du Soudan du Sud, compliquant davantage la mise en œuvre du processus de transition.
Le président Guelleh a également exprimé ses préoccupations quant aux incertitudes entourant la séquence convenue de la transition politique, estimant que celles-ci risquent d’éroder la confiance dans le processus de paix à un moment critique où l’unité et la cohésion sont indispensables.
Réaffirmant le rôle de l’IGAD en tant que garant et dépositaire de l’Accord, il a indiqué que l’organisation régionale demeure prête à poursuivre son engagement, en étroite coordination avec l’Union africaine, pour soutenir une transition inclusive, collégiale et pacifique, fondée sur la gouvernance constitutionnelle et la légitimité démocratique.
Dans cet esprit, le président Ismail Omar Guelleh a appelé à réaffirmer le R-ARCSS comme cadre convenu pour la résolution pacifique du conflit et l’achèvement de la transition, invitant toutes les parties sud-soudanaises à renouveler leur engagement dans sa lettre et son esprit.
Il a en outre proposé la désignation d’un médiateur principal, sous les auspices de l’IGAD, chargé de conduire les efforts urgents de désescalade et de faciliter un dialogue politique inclusif. Il a également recommandé la mise en place d’un groupe de travail technique conjoint IGAD–UA C5 afin d’assurer un soutien coordonné, tant politique que technique, au processus de médiation.
Le président Guelleh a enfin souligné la nécessité de mobiliser des ressources financières prévisibles, notamment à travers le Fonds de paix de l’Union africaine, et de tenir des réunions régulières de revue conjointe au niveau des chefs d’État afin de suivre les progrès et d’apporter les orientations stratégiques requises.
Concluant son allocution, il a affirmé qu’avec un engagement renouvelé, un leadership fondé sur des principes et une action coordonnée, la communauté africaine peut aider le Soudan du Sud à consolider la paix et à prévenir tout retour au conflit.