Mesdames et Messieurs,
C’est avec un réel plaisir que je participe à l’ouverture de ce 13 eme colloque
international du Forum des Inspections Générales d’Etats d’Afrique et Institutions
Assimilées.
L’événement coïncide avec la célébration du 20 eme anniversaire du FIGE, né ici même
à Djibouti en Février 2006. Vingt année plus tard nous avons la satisfaction de
constater l’engagement constant de l’institution au service de la bonne gouvernance
de notre continent. Permettez tout d’abord que je saisisse l’occasion pour souhaiter
la bienvenue à l’ensemble des délégations, ainsi qu’aux experts qui contribuent, par
leur expérience et leur engagement, à la qualité de nos travaux. Je salue également
avec une sincère fraternité mes pairs Chefs d’Etats qui ont tenu à nous adresser leur
message de soutien et à s’associer aux célébrations de ce 20 ème anniversaire.
Le FIGE a vu le jour avec l’ambition de doter l’Afrique d’un cadre de référence et de
coopération dans le domaine du contrôle, de l’audit et de l’inspection de l’action
publique. Mon pays se réjouit d’avoir initié et accompagné cette dynamique
Mesdames et Messieurs
Comme vous le savez le thème de ce colloque relatif aux numériques et à
l’intelligence artificielle est d’une actualité brûlante.
Il s’agit à ne pas douter d’une problématique au cœur des transformations
profondes que connait notre monde. En effet, tout comme pour le développement
et la croissance économique de nos pays, l’écosystème numérique offre des
opportunités inédites pour les inspections générales. Ces technologies peuvent
constituer de puissants accélérateurs de bonne gouvernance. En permettant
d’améliorer la détection des irrégularités, d’automatiser l’analyse des données. Mais
aussi en fiabilisant les procédures ou encore en renforçant la traçabilité des flux
financiers et de l’action publique. Ces technologies peuvent également faciliter
l’anticipation des risques, la prévention de la corruption et l’évaluation objective des
dépenses publiques. Le numérique et l’intelligence artificielle ne sont donc pas de
simples outils techniques. Ils peuvent devenir de véritables leviers de performance
institutionnelle et administrative. Ils peuvent ainsi renforcer la confiance entre l’Etat
et les citoyens.
Mais ces technologies ne sont pas neutres. Elles ne sont pas dépourvues des risques.
Mal maitrisées ou mal encadrées, elles peuvent même être utilisée contre la bonne
gouvernance.
Aujourd’hui, la cybercriminalité, la manipulation des données ou encore l’usage
détournée des algorithmes constituent des menaces réelles pour nos Etats. C’est
pourquoi, l’intégration du numérique dans les dispositifs de contrôle doit
impérativement s’accompagner de cadres juridiques adaptés. Elle doit aussi
bénéficier de politiques rigoureuses de cybersécurité, notamment en renforçant les
compétences humaines. Car une technologie sans gouvernance peut générer une
fragilité systémique. Ce nouveau contexte nous oblige à une coordination étroite et
à une collaboration renforcée entre les inspections générales, les institutions de
contrôle, les autorités judiciaires et les régulateurs du numérique.
Mesdames et Messieurs,
Notre continent doit relever un défi stratégique majeur, celui de l’appropriation
souveraine de technologies numériques présentées comme la 4 ème révolution
industrielle. Il est impératif que nos Etats investissent dans leurs propres
infrastructures numériques, dans leurs propres centres des données, dans leurs
propres systèmes d’information. Car façonner un écosystème numérique fondé sur
nos réalités et nos besoins, constitue une opportunité historique pour renforcer la
bonne gouvernance, pour réduire les dépendances et bâtir ainsi des institutions plus
performantes et plus crédibles.
A Djibouti nous avons fait le choix d’intégrer la transition numérique dans nos
politiques publiques. Nous avons investi dans les infrastructures numériques. Nous
avons engagé des reformes pour la modernisation de l’administration. Avec un
objectif clair : bâtir un Etat efficace, transparent et tourné vers l’Avenir.
Mesdames et Messieurs,
En tant qu’Inspections Générales et Institutions de contrôle, votre rôle est central.
Vous êtes les vigies de l’intégrité publique. Vous êtes les garants de la bonne
utilisation des deniers publics. Vous êtes les acteurs incontournables de la stabilité
et du développement durable de nos Etats. Car la bonne gouvernance n’est pas un
concept creux. Elle est une pratique qui conditionne la confiance des citoyens, des
partenaires et des investissements : le socle sur lequel repose les performances
économiques et sociales de nos Nations.
Mesdames et Messieurs
Ce forum doit marquer une étape et une avancée. Nous attendons de vos travaux,
des orientations concrètes, des recommandations opérationnelles, et une vision
partagée pour faire du numérique et de l’intelligence artificielle des alliés efficaces
de la bonne gouvernance en Afrique. C’est avec cette conviction que je déclare
officiellement ouvert la 16 ème réunion du Comité directeur et le 13 ème Colloque
International du Forum des Inspections Générales d’États d’Afrique.
Je vous remercie de votre attention.